Poésie
Élections Le petit nuage blanc gonflé de son importance avait mûri son plan : il ferait le tour de France. Emmenant dans son bagage quelques menus subsides il commença son voyage et s’élança dans le vide. À ceux qu’il survolait il promettait merveilles...
L'un se tenait à l'autre mais on ne sait pas qui des deux était le plus fragile on les a regardés de loin mettre un temps infini à traverser la rue leurs corps mal fagotés et leurs petites mains serrées étaient déjà un peu partis tu m'as dit en souriant...
Laisser courir la plume sur le papier rugueux pour qu’une idée allume le cerveau fuligineux m’enivrer de toi vers qui je penche et puis rester coi devant la page blanche écrire une romance n’est pas de la frime c’est jouer de l’assonance faire chanter...
Cette petite ritournelle, cette petite chanson, je l'ai créée pour elle, alors chantons dansons. Dans la douce fragrance du marché de Padi-pado, petit jeu de mon enfance, j'ai rencontré Madi Mado. Elle aime vallons fleuris où chantent les rivières, le...
CONFINÉ Mon corps casanier tremble et vacille d'être ainsi prisonnier mais mon esprit pétille je bondis de crêts en vallons et de bois en guérets comme si j'étais en ballon dessus le Livradois-Forez Ambert plus ne fourmille et tourne au ralenti tandis...
Il est d’âpres chemins, il est des chemins d’herbe qui ne mènent à rien et parfois nous perdent. On croit changer d’horizon et à la fin du voyage au bout d’un mince layon on voit le même paysage. Le temps doucement s’étire tandis que l’on repose. On n’a...
Il va, tranquille et bedonnant. Il traverse la ville obstinément. Il va d'un pas lent comme un légionnaire. Il est nonchalant, plutôt débonnaire. Il ne me voit pas, ni le soleil qui luit. Il égrène ses pas, concentré sur lui. Mais il est austère, les...
Quelques mots jetés sur le papier comme on jette les dés sur un comptoir de bar des mots usés par tant de gosiers polis par le roulement des phrases ces mots répétés par la rumeur du monde une fois réassemblés deviennent cette chose rare dont on est absurdement...
Journée en demi-teinte dans un ciel de traîne où la couleur éteinte hélas nous enchaîne. Les bras pendent sans vie en ce jour où l'on baille, où l'on n'a pas très envie, dimanche de grisaille. Et voilà qu'il pleut sur une terre assoiffée le ciel s'ouvre...
CAROLE Elle est vive, elle est preste, elle pourrait s'appeler Alice,* n'économise pas ses gestes et semble pleine de malice. de son espace maîtresse elle parcourt à grands pas cette maison de la presse pour voir ce qui ne va pas. Le matin aux journaux...
Je cueille les rêves qui parfois éclosent en lueurs brèves pour ceux qui osent soudain ils naissent dans les herbages qu’on leur laisse à l’état sauvage ils poussent ostensibles quand les hommes dorment les champs de l’impossible les nourrissent et les...
balade campagnarde je t'ai vraiment rêvée car je suis le barde alors je me suis évadé j'ai retiré la bonde et vidé la baignoire mon esprit vagabonde je pars dans le noir charrette modèle figée dans le pré je vois la ridelle et le timon dressé la lune...
La covid19 Vaincre ce virus dangereux aux effets si fantasques, comme des enfants peureux cachons-nous sous un masque. Aura-t-il peur de nous si, sur notre visage, nous mettons un loup et nous tenons bien sages ? Cette protection illusoire peut-être vous...
AIMER LA POÉSIE Moi j'écris des chansons je dis des romances avec une vraie passion une musique de danse souvent une élégie parfois une épigramme à cause de ma mélancolie mais ce n'est pas un drame églogues et pastourelles ont aussi ma préférence car...
LE JOUR ET LA NUIT Je chante toujours le jour et jusqu'à minuit la nuit du chant je fais mon tour le jour car les notes je traduis la nuit de ma voix de velours le jour c'est concert gratuit la nuit certains me trouvent lourd le jour or je suis un génie...
Dans cette salle vide où reposent nos œuvres ce 8 août est un bide, j'attends, je me désoeuvre au loin des enfants jouent, rires, cris perçants je ne vois pas le bout de ce jeudi lassant fausse impression, des gens sont dans la salle regardent l'exposition...
Enfin j'ai voulu faire de même avec des auteurs contemporains, résolument modernes. Par exemple Bobillot, dont voici un début de poème : p pp p po pp p ppo ppop po popo porard rare, pas hard, dare dare po poa p pt potamoi m p b ! & là je suis, j'peux...
la mort venue me voir portait une longue faux tout habillée de noir elle en voulait à ma peau le cliquetis de ses os son absence de regard faisaient froid dans le dos tétanisé j'étais hagard je l'ai repoussée violemment ce n'est pas l'heure Camarde tu...
VOYAGE La tête dans les nuages les pieds enracinés je pars en voyage je fais mon petit ciné d'une démarche ébrieuse et saoulé de parfums de mes ailes précieuses je survole les confins les fleurs volubiles les fruits succulents me rendent juvénile et un...
Ambert ville morte où les gens se terrent je dois fermer ma porte aux miasmes délétères j'ouvre ma fenêtre la nature m'accueille je sens venir le bien-être je vois pousser les feuilles je suis calme, tranquille aussi vide que la rue qui traverse la ville...
Mon crayon sur la page fait des ronds à la nage hameçon des images finiront en carnage tout au long du passage le crayon qui enrage fait des bonds un ratage je suis con j'ai trop d'âge carafon qui surnage un mouton bien trop sage et mignon pas sauvage...
Et que se passe-t-il si l'on emprunte un vers à chacun des poètes anciens tels que Rutebeuf, d'Orléans, Villon, Marot, du Bellay, Ronsard, Labé, Corneille, Florian, La Fontaine, Racine … Vont-ils faire œuvre commune ? Essayons : Que sont mes amis devenus...
La crainte s'est abattue sur le peuple abasourdi alors il s'est débattu pour ne pas être étourdi la pandémie nous terrasse nous maintient en sommeil on voudrait voir les terrasses inondées de monde et de soleil l'homme cet animal grégaire a besoin d'autres...
MOURIR DE RIRE Quand t'es dans le désert t'es dans les rues d'Ambert que fera-t-on de nos corps quand nous serons morts ? Nous arrêtons de vivre nous privons de livres on meurt de pourrir par peur de mourir La vie s'est éteinte j'ai besoin d'étreintes...
Dans le grand réservoir un accident s'est produit ; vous n'allez pas le croire, un peu de temps a fui. Bourdonnant comme un taon au lourd vol émoussé, cette goutte de temps m'a hélas éclaboussé. Mon front nu s'est ridé, adieu dents et cheveux, mes forces...